L’histoire de Nick: ce sera notre 9e Noël sans toi

Le temps des Fêtes a vraiment quelque chose de spécial. C’est un temps pour les parents et les amis, pour le rire, pour la bonne bouffe et aussi pour créer des souvenirs. Mais dans la vie les choses peuvent changer en un clin d’œil. Et pour la famille Reed, le temps des Fêtes a été irrévocablement changé lorsque Nick, fils et frère, a été tué par un train le 23 décembre 2003.

En mémoire de Nick, le 9e anniversaire de sa mort approchant, Opération Gareautrain s’est entretenu avec son père, Harvey, sur sa vie sans son fils. L’histoire de Nick sert d’important rappel des dangers mortels qui existent autour des voies ferrées.

 

Le Coeur d’un artiste

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Nick, le vendredi avant sa mort le 23 décembre 2003.

 Nicholas Reed était un garçon tranquille. Il avait un tempérament naturellement artistique, prenant un crayon et dessinant un chef-d’œuvre – trouvant un moyen de s’exprimer malgré sa gêne. En vieillissant, son amour pour l’art restait intact, évoluant dans un intérêt pour Japanimation. Son rêve était d’aller au Japon et voulait faire des études post secondaires en arts visuels. En décembre 2003, Nicholas savait 15 ans et, comme le veut l’adolescence, les changements se produisent même au niveau du prénom – tout le monde l’appelait maintenant Nick.

Nick n’était pas un adolescent ordinaire. Le soir du 22 décembre 2003, Nick a fait ce qu’il faisait tous les soirs avant d’aller se coucher : Il est allé voir ses parents individuellement, leur a dit qu’il les aimait et les a embrassé et souhaité bonne nuit. Une preuve d’amour sincère, libre de toute réticence typique des adolescents.

 

Un soir tout a changé

Le lendemain fut une journée normale. Les parents de Nick, Harvey et Angie, sont allés travailler pendant que Nick et son frère cadet Jordan sont sortis pour profiter de leurs vacances de Noël. Angie est arrivée du travail et a vaqué à ses activités. Avec Noël seulement dans deux jours, il restait encore des cadeaux à envelopper. Typique d’un hiver canadien, le soleil s’était couché tôt, il faisait noir. La température était douce ce soir là à Kingston en Ontario, une légère pluie tombait.

Quelqu’un frappa à la porte. Angie répondu et vu l’un des amis de Nick. Il lui demandait de venir vite, disant que Nick avait été blessé près des voies ferrées. Elle se mit à courir, la gorge serrée, suivant l’ami de Nick à travers le parc, dans les bois et vers le pont ferroviaire. C’est là qu’elle trouva son fils sans vie sur le côté nord des voies ferrées.

Pour Harvey, la soirée se déroula au ralenti, mais celle-ci reste claire dans sa tête encore aujourd’hui. Lorsqu’il est arrivé à la maison, Angie était sortie et Jordan lui a dit que quelque chose était arrivé à Nick près des voies ferrées. Comme Angie, Harvey se mit à courir pour aller trouver Nick. En chemin, il rencontra un agent de police et reçu une nouvelle qu’aucun parent ne veut entendre. Nick était mort. Il n’ouvrirait pas ses cadeaux de Noël cette année. Il ne fêtera jamais son 16e anniversaire, et n’ira jamais au Japon. Il n’était plus.

 

Un lieu de rencontre pour les adolescents

Passant à travers les notes de classes et agenda après sa mort Harvey a réalisé que Nick et ses amis avaient fait des bois près des voies ferrées un lieu de rencontre après les classes. Un endroit où les adolescents vont, comme le font les adolescents, pour être loin des adultes, pour rire et parler, et pour apprendre à se connaître les uns et les autres. Ce soir là, un train est arrivé sur l’une des deux voies ferrées. Dans la noirceur et avec le train obstruant sa vision, Nick ne pouvait pas déterminer sur quelle voie le train se trouvait. Dans la confusion, il s’est retrouvé directement sur le chemin du train. Le train l’a frappé et tué.

 

Noël ne sera plus jamais pareil

Le soir où Nick est mort, certaines traditions de Noël de la famille Reed sont mortes avec lui. L’année 2002 est la dernière année où ils ont pris une photo de famille, une tradition que Harvey et Angie avaient commencé en 1984, mettant leur caméra sur un trépied et posant tout le monde ensemble et souriant. Cette année-là et toutes les années depuis la mort de Nick, les Reed suivent une nouvelle tradition. Ils décorent le sapin dans leur cours arrière le 23 décembre, jour de l’anniversaire de sa mort.

 

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La famille Reed, Noël 2002.

« Le sapin fait face au parc où Nick et son frère Jordan jouaient étant enfant. Des amis viennent et mettent des décorations sur l’Arbre. Ensuite on l’allume et célébrons la vie d’un garçon extraordinaire qui a apporté tellement de joie et d’amour à nos vies et dans la vie de ceux qu’il a touché. Au fil des années, nous nous rappelons et célébrons sa vie avec plus de gaieté et avec moins de larmes. L’amour survit, » dit Harvey.

Comme il se rappelle la dernière journée de vie de son fils, Harvey est frappé par une réalisation qu’une autre famille a vu Noël changer irrémédiablement cette année-là.

« Cela a touché beaucoup de personnes. Leur vie a été changée cette journée-là aussi – pas seulement la nôtre. Le conducteur de locomotive qui conduisait le train ce soir-là. Je pense à lui souvent. Je ne le connais pas et ne le connaîtrai probablement jamais, mais je me demande comment il va. Je me sens mal parfois.  »

Aujourd’hui Harvey trouve apaisant de parler de Nick. Il est évident que Nick faisait partie d’une famille pleine d’amour – une famille qui ne sera jamais la même sans lui.

« Jamais je n’aurais pu imaginer que mon fils serait tué par une train. Parlez à vos enfants de sécurité ferroviaire. Faites-en sorte qu’ils s’éloignent des voies ferrées. C’est tellement important. La chose la plus difficile est de vivre sans lui. Mais ce fût un cadeau de le connaître et je tiens au souvenir que les derniers mots que l’on se soit dit étaient « je t’aime’ ».